Un malheur ne venant jamais seul, il faut qu’à la crise s’ajoute un autre terrible fléau : l’éditorialisme économique galopant à base de prophéties catastrophistes.
De François Lenglet et François de Closets
, toute une bande de Kon-dratieff qui prédisait hier le règne éternel du système libéral dans la joie , l’euro et la prospérité, pronostique à présent la fin inéluctable du modèle social européen et un changement d’ère d’une ampleur inédite depuis le paléolithique. Tout ça à cause des fonctionnaires, des syndicats et des profs de gauche, bien sûr.
Mais pour rassurer un temps ceux qui craignent un retour rapide du troc et de l’agriculture d’autosubsistance, voici une sélection de crises traversées depuis un siècle et qui n’ont pas franchement changé le monde.
Il a trop tourné sans nous.
Il pleuvra toujours sur Londres...
Ca va rien changer du tout.
Bref. On s'égare.
1929 : La Grande Dépression américaine, mère de toutes les crises
En une matinée, Wall Street recule de 22,6%, prélude à la faillite de 773 banques aux Etats-Unis où le chômage s’envole à 25%. Il faudra dix ans pour redresser la barre grâce au New Deal et une bonne guerre. Grace à ce traitement, les effets néfastes de la grande dépression se limitent à présent à quelques textes de Steinbeck
au bac français.
1973 et 1979 : Coup de pompes, les deux chocs pétroliers
En 1973 (guerre du Kippour) puis en 1979 (révolution iranienne), le pétrole flambe. A la pompe, le litre quadruple et dans les chansons de Renaud, Gérard Lambert peine à faire rouler sa mobylette. Depuis, grâce à quelques dictateurs parfaitement aimables et quelques centrales parfaitement fiables, tout est oublié. Enfin tout serait oublié, si M6 ne s’entêtait à rediffuser Pétrole, Pétrole tous les étés. Et puis, on s'en fout. On n'a plus de bagnoles.
1987 : L’écran bleu, ou le Krach made in Windows
Gros bug: en une journée Wall Street perd 22 %. Malgré le sourire de Catherine Deneuve nous vantant l'action de SUEZ et de Balladur à Bercy, toutes les Bourses du monde, interconnectées par informatique, sont contaminées. On maudit alors les ordinateurs, mais on a vu depuis que les traders savaient faire pire.
1994 à 1998 : Voyage-voyage avec les crises régionales
En 1994, le Président Salinas décide une dévaluation-boulette et le Mexique vacille. C’est la Crise Tequila qui met la gueule de bois à la moitié de l’Amérique. Ensuite, la crise frappe l’Asie en 1997 où Tigres et Dragons boivent la tasse, puis la Russie qui voit rouble en 1998. Enfin c’est l’Argentine qui trinque après s’être moquée de son voisin 4 ans plut tôt. Evidemment, ces crises touchant des économies jeunes, dynamiques et en croissance la France est épargnée.
2000 : Pschitt. L’éclatement de la bulle Internet
Entre 1996 et 2000, ce sont des millions d’investisseurs qui misent leurs vieux magots sur la nouvelle économie. Au début tout va mieux que bien, ils sont convaincus que les starts-up et les webagencies sont des sociétés sérieuses peuplées de gens compétents et travailleurs. Puis un jour ils les visitent. Et vendent massivement !!!!!
2006 : La crise des subprimes casse la baraque
C’était l’époque du sarkozysme triomphant, du miracle espagnol et de l’immobilier californien. Rien de pouvait arrêter la croissance et le Roederer Cristal était au frais en attendant le CAC à 10000 points.
Sauf que … le mirage reposait sur 500 milliards de créances foireuses gagées sur des bicoques américaines invendables qu’il a bien fallu provisionner un jour, mais après les bonus SVP. Merci.
Comme le monde est bien fait ce sont principalement ces fourbes de Lehman Brothers, les –petits- épargnants et les Etats qui ont bu la potion amère pendant que Goldman Sachs se remettait à péter le feu et les systèmes sociaux comme avant. Ouf. Il y a une morale tout de même.
Rassuré ?! Bravo ! Et on garde la pêche, jusqu'à la prochaine.

La peche, il faut faire le maximum pour la garder ! Certes la situation economique n'est pas brillante, et, pour "Monsieur tout le monde" cela n'est pas toujours facile. Il ne faut pourtant pas oublier que nous ici dans le monde occidental nous sommes relativement des privilegies...
Rédigé par : options binaires call | 04/11/2012 à 08:11